Équité

Il existe une relation étroite entre santé mentale et équité, relation qui a une incidence considérable, parfois néfaste, sur les gens, les communautés et le système de santé de l’Ontario. Complexes et de grande portée, ces enjeux se recoupent et touchent diverses régions et populations dans toute la province. Considérons les faits suivants : les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels, allosexuels, intersexués et bispirituels (LGBTAI2) sont plus de quatre fois plus susceptibles de tenter de se suicider que leurs pairs hétérosexuels ou cisgenres. Les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de dépendance sont victimes de discrimination sur les campus ainsi que dans les domaines de l’emploi et du logement tout comme dans bien d’autres aspects essentiels de la vie humaine qui, de plus, favorisent la santé; les résidants du Nord de l’Ontario présentent les plus hauts taux de dépression, d’hospitalisation et d’usage de médicaments, pourtant les services et mesures de soutien dont ils disposent en matière de santé mentale et de toxicomanie sont moins nombreux, moins complets et moins faciles d’accès1Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario. (2017). Advancing equity in mental health: An action framework. Tiré de http://ontario.cmha.ca/wp-content/uploads/2016/07/PPE-0001-Advancing-Equity-in-Mental-Health-2.pdf

Afin de nous aider à mieux comprendre ces enjeux, l’Association canadienne pour la santé mentale de l’Ontario (2014) 2Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario. (2017). Promouvoir l’équité en santé mentale : Comprendre les concepts clés. Tiré de http://ontario.cmha.ca/wp-content/uploads/2017/04/Advancing-Equity-In-Mental-Health-March-22-2017-FINAL_FR_with-graphics.pdf a créé un document-cadre intitulé Promouvoir l’équité en Ontario : comprendre les concepts clés. Ce document met en évidence trois relations dynamiques, où équité et santé mentale se recoupent :

  1. L’équité est importante pour la santé mentale – Les iniquités ont des répercussions néfastes sur la santé mentale des Ontariens en raison d’un accès réduit aux déterminants sociaux de la santé. Les groupes marginalisés sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise santé mentale et, dans certains cas, d’être aux prises avec des problèmes de santé mentale. De plus, ces groupes ont un accès réduit aux déterminants sociaux de la santé, éléments essentiels au rétablissement et à une santé mentale optimale.
  2. La santé mentale est importante pour l’équité – La mauvaise santé mentale et les maladies mentales ont une incidence néfaste sur l’équité. Si la santé mentale joue un rôle primordial dans l’accès aux déterminants sociaux de la santé, la stigmatisation, observée dans le passé ou actuellement, entraîne toujours la discrimination et l’exclusion sociale des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie.
  3. Équité et santé mentale se recoupent – En général, s’il s’agit de termes les gens vivent à la fois des problèmes de santé mentale et de toxicomanie et d’autres iniquités (telles que pauvreté, racialisation ou homophobie). Ce recoupement donne lieu à des situations typiques d’iniquité et de problèmes de santé mentale amenant un surcroît de difficultés pour la personne, la collectivité et le système de santé. Ces problèmes touchent de manière disproportionnée trois groupes de populations : les gens ayant vécu des problèmes de santé mentale et de toxicomanie; ceux qui font face à la marginalisation liée à des déterminants sociaux de la santé tels que l’orientation sexuelle, la pauvreté, la racialisation et l’invalidité; ceux qui ont vécu de ces expériences et rencontrent en plus la marginalisation liée aux déterminants sociaux de la santé.

Équité et santé mentale

Marginalisation

 

Définition des concepts clés : Équité

Les INIQUITÉS peuvent se définir comme une marginalisation sur le plan social, économique et politique (désavantage ou exclusion) – subie en société par certains groupes. L’ÉQUITÉ constitue un moyen de s’attaquer à la marginalisation. Contrairement à l’égalité qui vise à procurer à tous le même traitement, une méthode axée sur l’équité reconnaît que des mesures différentes sont nécessaires pour obtenir des résultats similaires pour des individus ou des groupes différents, en raison d’une distribution inégale des pouvoirs, de la richesse et d’autres ressources dans la société. Les INIQUITÉS EN SANTÉ sont des différences systémiques, évitables. Elles entraînent des injustices en matière de résultats en santé, et sont un symptôme d’iniquités sociales à une échelle plus large.

Dans une perspective d’équité, la marginalisation prend racine dans des situations historiques d’accès inégal au pouvoir en société (telles que racisme, pauvreté et stigmatisation liée aux problèmes de santé mentale) maintenues par des facteurs sociaux, économiques et politiques persistants qu’on peut appeler les DÉTERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTÉ.

En Ontario, les déterminants sociaux de la santé comprennent :

  • Le statut autochtone
  • L’invalidité
  • Les expériences de vie en bas âge
  • L’accès à l’éducation
  • Le statut d’emploi et conditions de travail
  • L’insécurité alimentaire
  • L’accès aux services de santé
  • La géographie (régions rurales ou nordiques)
  • Le sexe et identité sexuelle
  • Le logement
  • Le statut d’immigrant ou expérience de l’immigration
  • Le revenu et la distribution du revenu
  • L’interaction avec le système judiciaire
  • La race
  • L’orientation sexuelle
  • L’exclusion sociale
  • L’accès à un filet de sécurité sociale

Trois déterminants sociaux sont tout particulièrement importants pour la santé mentale : l’absence de discrimination et de violence; l’inclusion sociale et l’accès à des ressources économiques.

Les expériences de marginalisation SE RECOUPENT. Par exemple, une femme de l’Asie du Sud étudiant dans un établissement postsecondaire du Nord de l’Ontario peut venir de perdre son emploi à temps partiel et aussi être aux prises avec un trouble bipolaire. Ses expériences de vie sont façonnées simultanément par son sexe, sa santé mentale, sa race, ses revenus, sa situation d’emploi et la géographie. Dans le même ordre d’idées, tous ces aspects vont déteindre sur son expérience des problèmes de santé mentale et du système de santé mentale. Il est difficile, voire impossible, de différencier les impacts des différents facteurs. Ces facteurs doivent plutôt être considérés ensemble. Vu les racines profondes et solides de l’iniquité, des modifications complexes et systémiques à de multiples niveaux et contextes sont nécessaires pour l’éradiquer.

Pour plus d’information, veuillez consulter le document de travail de l’ACSM, division de l’Ontario: Promouvoir l’équité en Santé mentale en Ontario : Comprendre les concepts clés (aussi en anglais) ainsi que son nouveau Equity Action Framework (Cadre d’action pour l’équité).

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1. Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario. (2017). Advancing equity in mental health: An action framework. Tiré de http://ontario.cmha.ca/wp-content/uploads/2016/07/PPE-0001-Advancing-Equity-in-Mental-Health-2.pdf
2. Association canadienne pour la santé mentale, division de l’Ontario. (2017). Promouvoir l’équité en santé mentale : Comprendre les concepts clés. Tiré de http://ontario.cmha.ca/wp-content/uploads/2017/04/Advancing-Equity-In-Mental-Health-March-22-2017-FINAL_FR_with-graphics.pdf
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